La situation de l'emploi des professions médicales et paramédicales sur le plateau de Cerdagne ne cesse de se compliquer. En effet alors que les établissements de santé se préparent à des restructurations voulues par le Schéma Régional de l'Offre de Soins, voilà qu'une politique visant à réhabiliter l'esclavagisme se met discrètement en place. Les différences de statuts, entre les différents établissements du plateau (public, privé à but lucratif) conduisent bien évidemment à des différences dans les conditions de travail. Aussi pour garder leur personnel médical ou paramédical, certaines directions n'hésitent pas à faire du chantage et d'en appeler jusqu'à une intervention du Député pour qu'aucun personnel d'un établissement de santé ne soit embauché par un autre qui proposerait des postes. En d’autres termes, un accord tacite lie les établissements entre eux : il consiste à refuser l’embauche d’un personnel provenant d’un autre établissement de Cerdagne. Comme à l'époque de l'esclavagisme, un salarié appartient à nouveau à son patron et à lui seul. Il ne se contente pas de le pressurer, il l’enchaîne à son poste de travail. En revanche, quand il s’agit de restructurer l’entreprise, il peut lui imposer un changement de lieu de travail. C’est dire si les patrons font ce qu’ils veulent à l’ère du libéralisme effréné. Et la liberté individuelle dans tout ça ? Celle d’aller et de venir librement sur le territoire national et dans l’espace de la Communauté Européenne ? Méprisée ! Et la liberté économique dans tout ça ? Celle qui fait que nul ne peut se voir refuser par principe un emploi pour des considérations autres que de qualification professionnelle ? Piétinée ! Et les droits de l’homme, en particulier le droit au travail exprimé comme tel dans la Déclaration des Nations Unies de 1948 : « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage. » Anéanti ! Quelle tromperie que celle de ces « accords moraux » préjudiciables aux salariés passés sous le couvert des directions, des conseils d’administration des établissements et des politiciens !
Cette politique a déjà conduit à plusieurs reprises des infirmier(e)s à quitter purement et simplement la région pour aller travailler ailleurs et pouvoir avoir le libre choix de conduire leur carrière professionnelle. Ils sont alors tout bonnement perdus pour tout le monde, les difficultés de recrutement de ce type de personnel dans une région éloignées des centres urbains allant crescendo.
Les directions de ces établissements, mais également le député qui n'a pas hésité à intervenir, devraient plutôt se poser des questions sur les conditions de travail qu'ils proposent à leurs employés avant de vouloir les asservir.
mercredi 23 septembre 2009
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